Historique
L’AOPP vous offre le panorama de son évolution de ses débuts qui comptaient 24 OP membres et jusqu’à aujourd’hui où elle en compte plus de 200.
Janvier 1993, des paysans de diverses régions du Mali, regroupés en organisations paysannes d’envergure locale ou régionale, se sont réunis pour évoquer leurs problèmes communs. Il a été question de l’insuffisance de matériel agricole, d’intrants, de formations, de structures professionnelles, d’appui financier, de reconnaissance de leurs capacités professionnelles par les services techniques, etc. Le besoin pressant de se prendre en main faces aux bouleversements amenés par la jeune démocratie se faisait sentir.
La « Commission paysanne » est née quelques mois plus tard. Elle fut une plateforme d’échanges entre paysans maliens et paysans français d’Agriculteurs français et développement international (AFDI) avec l’appui d’une Volontaire du progrès et surtout la présence de la Coopération Française. Une vingtaine de groupes de paysans se sont ainsi retrouvés régulièrement et ont fait la découverte de leurs forces. Des leaders déterminés. Paysans prêts à surmonter les obstacles. Ils ont été les premiers à initier ce mouvement ouvert à toutes les organisations paysannes, peu importe leur taille.
Deux ans plus tard, en septembre 1995, l’Association des organisations professionnelles paysannes (AOPP) naissait afin de donner une forme juridique plus adaptée aux besoins de la commission. C’est à Koutiala que le premier bureau de l’AOPP a réfléchi à ses objectifs : identifier les problèmes des paysans maliens, défendre leurs intérêts, développer la connaissance et l’information entre régions et organisations paysannes et surtout faire prendre en compte le points de vue des paysans par les décideurs du pays.
A l’époque, le bureau ne comprenait que sept (7) membres en plus d’un président : M. Lakami Sima. Très vite, des ateliers régionaux sont organisés. Ateliers qui ont servi d’école accélérée à la prise en charge de ces nouvelles responsabilités. Des liens se sont créés. De nouvelles Organisations paysannes (OP) se sont jointes à eux. Un réseau paysan était né.
Un an plus tard, en 1996, l’AFDI a initié les comités paritaires de concertation. Ces rencontres ont réuni autour d’une même table fonctionnaires et paysans. L’AOPP a été le principal partenaire et c’est ce qui lui a permis de prendre son envol. Aujourd’hui ce programme d’appui est terminé mais le dialogue entrepris est resté dans l’esprit de l’AOPP qui travaille toujours à l’élaboration d’un dialogue entre la profession et l’administration.
En 1997 la structure se complexifia un peu. La commission Céréale apparaît aux côtés de la commission formation dans le cadre de l’amélioration des capacités générales de gestion des petites entreprises agricoles. L’AOPP choisi d’aider le domaine céréalier par l’amélioration de la production de semences certifiées et l’utilisation de composts locaux. La commission Formation a eu quand à elle la lourde tache de former les membres à devenir des interlocuteurs à part entière entre les besoins paysans et les responsables nationaux ou internationaux. Il faudra attendre 1999 pour que la commission Coton et la commission Fruits et légumes voient le jour. Toujours dans la logique d’aider les agriculteurs à faire face, autonomes, à leurs problèmes ces commissions resteront un outil efficace à la gestion des programmes. C’est en 2000 que la commission élevage est créée et ce uniquement dans les régions qui compte des organisations travaillant dans ce domaine.
En plus de la mise en place de toutes ces commissions de travail, la deuxième mesure qui permis à l’AOPP de suivre le courant des années et faire face aux changements inévitables d’une organisation qui s’agrandie jour après jour fut la décentralisation. Après l’embauche de paysans locaux, baptisés relais régionaux, l’AOPP va plus loin et instaure en 2001 des bureaux régionaux autonomes avec un animateur permanent dans chacune des sept sur huit régions du Mali où l’AOPP a des représentants. Ces bureaux ont toujours eu le champ libre, ils mènent leurs propres programmes appuyés par le national qui abrite les techniciens des commissions.
Depuis plus de dix ans l’AOPP a réussi à créer le cadre de confiance qu’elle souhaitait entre ses membres répartis dans tout le Mali et qui profitent des formations en plus des programmes d’appui et de consolidation. Les instances politiques et les services techniques connaissent et reconnaissent l’AOPP. Elle doit désormais bien asseoir les régions, les renforcer pour que les faîtières régionales issues des filières se retrouvent dans les AOPP Régionales (AOPPR). L’AOPP va mettre plus d’énergie à monter des projets de commercialisation, notamment avec les coopératives, en plus des formations qui seront toujours nécessaire à la prise en charge au niveau des réalités paysannes. Tous les partenaires étrangers qui appuient l’organisme depuis ses débuts sont d’un grand service et le resteront, mais elle doit maintenant pouvoir s’autogérer. Ce sont les deux grands défis qui attendent l’AOPP des prochaines années. Vu sa grande capacité d’adaptation avec ses bureaux élus aux cinq ans elle est sans cesse à l’écoute de ses besoins. L’AOPP ne craint pas les grands changements lorsqu’ils sont nécessaire à la poursuite des rêves des premiers leaders paysans a avoir osé se rassembler pour faire entendre leurs voix et faire valoir leurs propres projets adaptés à leurs réels besoins.
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