Lettre à Madame Eva Joly Députée européenne, Présidente de la Commission Développement du Parlement européen

Pour un meilleur soutiens aux organisations paysannes légitimes et expérimentés
mardi 5 janvier 2010
par ÀOPP
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« Nous ne sommes plus à l’époque post – coloniale, ont déclaré les représentants des organisations européennes. Il y a dans la plupart des pays du Sud des organisations paysannes légitimes et expérimentées qu’il faut associer, dans un souci d’efficacité, aux décisions et à la mise en œuvre d’actions visant à soutenir l’agriculture dans leur pays. Suite à la crise alimentaire des années 2007 et 2008, des crédits, certes encore insuffisants, ont été orientés vers l’investissement en matière de production agricole ; il faut que ces sommes soient utilisées de façon pertinente et appropriée aux contextes spécifiques. Les organisations paysannes locales sont des acteurs incontournables de cette politique, elles apportent la garantie de l’opportunité des actions qui seront entreprises ainsi que de leur pérennité. »

A l’attention de Madame Eva Joly
- Députée européenne
- Présidente de la Commission Développement du Parlement européen

  • Rue Wiertz, 60
  • 1047 Bruxelles
  • Bruxelles, le 7 décembre 2009

Madame la Présidente,

Ces derniers mois, la communauté internationale et singulièrement l’Union européenne, suite à la grave crise alimentaire de 2007-2008, a remis à l’agenda politique le soutien à l’agriculture dans les pays du Sud.

Même si les engagements, et plus encore leurs concrétisations, restent largement en-deçà des besoins, plusieurs initiatives ont été prises pour financer une augmentation de la production agricole dans ces pays.

L’Union européenne s’est engagée à prendre part à ces efforts notamment en instaurant une facilité d’1 milliard €. Certains programmes d’aide ont été également légèrement infléchis afin de renforcer les financements dans le domaine agricole.

Malheureusement, on a peu débattu des modalités de mise en œuvre des budgets consacrés au financement du soutien à l’agriculture dans les pays du Sud. Un rapport récent de la Cour des comptes européenne, discuté au sein de la Commission Développement, a néanmoins pointé le fait que, dans ses modalités de travail, la Commission européenne ne rencontrait généralement pas l’objectif d’associer les acteurs de la société civile aux politiques menées.

Dans le domaine du soutien spécifique à l’agriculture, jusqu’il y a peu, les programmes européens, comme la plupart des programmes internationaux, ont tenté d’agir en négligeant un acteur central dans la mise en œuvre des politiques agricoles, les organisations paysannes locales.

Pourtant dans de nombreux pays, et particulièrement sur le continent africain sur lequel une part importante des programmes d’intervention dans le domaine agricole sont réalisés, les acteurs agricoles se sont organisés, ont acquis une expérience indiscutable, se sont engagés dans les débats relatifs au soutien à l’agriculture de façon responsable en avançant des propositions et des politiques constructives.

Ici même, le 7 octobre 2008, votre Commission a eu l’occasion d’entendre 2 représentants paysans venus du Niger et du Burkina Faso exposer les propositions paysannes ouest-africaines pour lutter durablement contre les causes des crises alimentaires dans leurs pays.

Passer outre l’association de ces organisations à la mise en œuvre des politiques d’appui au développement de l’agriculture dans les pays où ces organisations ont acquis un statut incontournable est contre-productif en regard des ambitions qui nous habitent, à savoir répondre de façon durable aux besoins alimentaires de l’ensemble des populations des pays fragilisés.

C’est pourquoi, nous, organisations de la société civile européenne, en appui aux revendications des organisations paysannes d’Afrique, et relayant les pétitions signées par des milliers de citoyens européens, nous vous demandons, en qualité de Présidente de la Commission Développement du Parlement européen, d’interpeller avec nous le(la) futur(e) Commissaire européen(ne) au développement afin qu’il(elle) encourage systématiquement auprès des Etats partenaires la collaboration avec les organisations paysannes locales dans les politiques de soutien à l’agriculture dans les pays du Sud, financées par la Commission européenne. Cette collaboration, se concrétisant sous la forme d’une concertation, devra concerner principalement la définition des politiques, leur mise en œuvre et leur évaluation.

Nous sommes intimement persuadé que cette approche, s’inscrivant dans l’esprit des Déclarations de Paris et d’Accra, ainsi que de l’Accord de Cotonou, contribuera notablement au renforcement de l’efficacité de l’aide européenne en faveur du soutien du développement agricole dans les pays du Sud.

Veuillez croire, Madame la Présidente, en l’expression de nos plus respectueuses salutations.

Service des Eglises Evangéliques en Allemagne pour le Développement (EED) – Allemagne

SOS Faim – Belgique

Vredeseilanden – Belgique

Foro Rural mundial – Espagne

Comité français e pour la solidarité internationale - France

SOS Faim – Luxembourg

Glopolis – République tchèque

Polski Klub Ekologiczny - Pologne


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